Cloison en lattis et chanvre
Une cloison légère qui associe isolation phonique et confort naturel
La cloison en lattis et chanvre repose sur une ossature bois doublée d'un remplissage en chanvre, le tout maintenu par un coffrage perdu réalisé en lattes clouées. Ce principe, dit masse-ressort-masse, offre une isolation acoustique remarquable tout en restant compatible avec une démarche de construction biosourcée. L'épaisseur totale de l'ouvrage, ossature, lattis et enduits des deux faces compris, ne descend jamais sous 10 cm.
Grâce à la tenue mécanique apportée par le coffrage perdu vertical en lattis, les montants secondaires peuvent être espacés jusqu'à 50 cm, ce qui allège la structure et limite la quantité de bois nécessaire.
Choisir son remplissage : voie sèche ou semi-humide
Deux techniques de remplissage sont possibles. La voie sèche utilise de la filasse courte ou de la ouate de chanvre, comme la chènevotte de construction Canagranula, tassée entre les montants. La voie semi-humide fait appel au chanvre stabilisé, qui offre une meilleure cohésion avant la pose du lattis.
Si la ouate de chanvre est retenue, il est indispensable de poser une toile de jute avant de clouer les lattes : cette précaution retient les petites particules et évite qu'elles ne migrent à travers le coffrage perdu au fil du temps.
Mise en œuvre de l'enduit
Une fois le remplissage terminé, l'enduit se réalise en deux passes. La première, appliquée au gant, sert à garnir soigneusement les interstices entre les lattes pour assurer l'accroche. La seconde passe, d'environ 1,5 cm d'épaisseur, intègre une toile de jute marouflée qui renforce la cohésion et limite les risques de fissuration.
Le liant de cette seconde couche peut être une chaux aérienne en poudre, appréciée pour sa souplesse de mise en œuvre et sa compatibilité avec les supports biosourcés.
- 1ère passe au gant : garnissage des interstices entre les lattes
- 2ème passe (environ 1,5 cm) : toile de jute marouflée pour la cohésion
- Finition possible à l'argile, à la chaux, ou en badigeon à la chaux
Précautions et niveau de difficulté
Cette technique reste accessible aux auto-constructeurs, y compris débutants, à condition de respecter l'ordre des couches et les temps de séchage entre chaque passe. Pour la finition à l'argile, consultez également la fiche dédiée au corps d'enduit à l'argile, qui détaille une alternative complémentaire à la chaux.
- Vérifier la planéité de l'ossature avant la pose du lattis
- Ne jamais clouer les lattes sans toile de jute en cas de remplissage à la ouate
- Respecter le séchage complet entre les deux passes d'enduit
Bien menée, cette cloison valorise des matériaux locaux et biosourcés tout en offrant un confort acoustique et hygrothermique durable.