Dalle d’étage en béton de chanvre
La dalle d'étage en béton de chanvre, isolation et confort entre niveaux
Coulée à même un coffrage perdu tendu sous les solives, la dalle d'étage en béton de chanvre isole thermiquement et phoniquement les niveaux d'une maison, tout en participant à l'inertie globale du bâtiment. Contrairement à une chape ou dalle classique, elle reste légère et respirante, ce qui la rend particulièrement adaptée aux structures bois.
Le coffrage perdu et l'étanchéité à l'air
Le support est constitué d'un lattis horizontal, ou canisse, cloué sous les solives d'un plancher. Avant de couler le béton de chanvre, il est recommandé d'appliquer sur ce lattis une première couche de mortier d'argile gras : ce corps gras assure la continuité de l'étanchéité à l'air entre les deux niveaux, point souvent négligé mais déterminant pour la performance globale du plancher.
Sur les chantiers isolés en dalle de chanvre, un feutre de chanvre peut compléter la jonction en périphérie, notamment au droit des murs, pour limiter les ponts thermiques et acoustiques en rive de dalle.
Composition et coulage du béton de chanvre
Le béton de chanvre lui-même associe une chènevotte de construction à un liant chaux. Pour une dalle d'étage, on privilégie un dosage relativement dense afin d'obtenir une bonne masse : on compte généralement autour de 100 L de chènevotte pour 25 à 30 L de chaux aérienne, le tout gâché avec suffisamment d'eau pour humidifier la chènevotte sans la noyer.
La chaux aérienne en poudre reste le liant de référence pour ce type de mélange, éventuellement associée à un peu de plâtre pour accélérer la prise en début de couche. Le mélange se prépare à l'aide d'outils de malaxage adaptés, malaxeur à axe vertical ou bétonnière à godets, qui évitent de trop broyer la chènevotte.
L'épaisseur totale recommandée se situe entre 10 et 15 cm, coulée en deux passes tassées à la batte plutôt qu'en une seule couche épaisse. La première passe assure l'accroche sur le mortier d'argile, la seconde permet d'ajuster le niveau fini et de tasser plus finement le matériau en surface.
- Première passe : environ la moitié de l'épaisseur, tassée fermement pour chasser l'air
- Temps de reprise court entre les deux passes, sans laisser sécher complètement la première couche
- Seconde passe : ajustement du niveau et tassement de finition à la règle
Pour les logiques de mise en œuvre en grandes surfaces planes, les principes rejoignent ceux décrits pour tirer une dalle ou une chape, avec des repères de niveau et un tassement progressif d'une zone à l'autre.
Séchage et finitions
Le séchage complet du béton de chanvre demande de 1 à 3 mois selon l'épaisseur, la saison et la ventilation du chantier, avant toute pose de revêtement de sol. Un sable de ponce peut intervenir dans certaines formulations de ragréage léger ou de couche de finition en sous-face, en apportant de la légèreté au mortier.
Une fois le séchage terminé, deux types de finitions sont couramment posées sur ce type de dalle : le parquet cloué sur lattes ou lambourdes, qui préserve la respirabilité de l'ensemble, ou des carreaux de terre cuite scellés, plus adaptés aux pièces de vie recherchant de l'inertie. L'enduit de sous-face, côté plafond, n'est appliqué qu'après séchage complet du béton de chanvre, jamais avant.
Précautions
- Respecter un temps de séchage suffisant avant tout revêtement, sous peine de piéger l'humidité
- Assurer une ventilation du volume pendant toute la durée du séchage
- Ne pas confondre les principes de cette dalle horizontale avec ceux d'un mur en béton de chanvre banché, dont le dosage et la mise en œuvre diffèrent
- Se référer aux consignes de sécurité pour la manipulation de la chaux et le travail en hauteur sur solivage