Carte des dosages — Mortiers traditionnels et de chanvre
Une carte de référence pour tous les dosages de mortiers naturels
Sur un chantier de construction ou de rénovation en matériaux biosourcés, la question revient sans cesse : combien de litres de liant, de charge et de fibre pour tel usage, à telle épaisseur ? Cette carte des dosages rassemble en un seul document les proportions de référence pour les trois grandes familles de mortiers naturels : les mortiers d'argile, les mortiers de chaux et les mortiers de chanvre. Elle a vocation à rester à portée de main, du premier gobetis jusqu'à l'enduit de finition.
Un principe gouverne l'ensemble de ces formulations : les quantités s'expriment en litres, et non en kilogrammes. Les matériaux naturels — chaux, argiles, sables, chènevottes — présentent en effet des densités très variables selon leur origine, leur granulométrie ou leur taux d'humidité. Raisonner en volume plutôt qu'en poids garantit des proportions homogènes et reproductibles, quel que soit le fournisseur ou le lot de matière première.
Les mortiers d'argile
Pour les mortiers de terre, la carte détaille trois usages distincts : le béton d'argile destiné aux dalles et remplissages épais, le corps d'enduit qui vient dresser et niveler un support, et l'enduit fin réservé aux finitions. Chaque formulation ajuste la proportion d'argile, de sable et éventuellement de fibres courtes en fonction de l'épaisseur visée et du rôle mécanique de la couche.
- Béton d'argile : mélange dense, peu fibré, pour des épaisseurs importantes en dalle ou en remplissage
- Corps d'enduit terre : dosage intermédiaire, souvent fibré à la paille hachée ou à la filasse, pour dresser un mur
- Enduit fin d'argile : granulométrie serrée, sans fibre grossière, pour une couche de finition régulière
Les mortiers de chaux
La famille des mortiers de chaux est la plus étendue de la carte, car elle couvre des usages très différents : fondations cyclopéennes, bétons de dalles, chape et chape maigre, colle à carreaux, gobetis d'accroche, jointoyage de pierre, enduit correctif, corps d'enduit, tadelakt, scellement, ainsi que les enduits fins, qu'ils soient préparés en poudre ou déjà en pâte. Pour chaque usage, le rapport entre le volume de chaux et le volume de sable (ou de granulats) varie sensiblement : un gobetis d'accroche, très riche en liant, ne se dose pas comme une chape maigre ou un corps d'enduit courant.
Le jointoyage de pierre et le scellement demandent par exemple des mortiers plus riches et plus collants, tandis qu'une chape maigre privilégie l'économie de liant sur une grande épaisseur. Le tadelakt, quant à lui, suit un dosage spécifique lié à sa finition polie et hydrofuge, très différente d'un enduit courant.
- Fondations cyclopéennes et bétons de dalle : dosages adaptés aux fortes épaisseurs et à la présence de gros granulats
- Chape et chape maigre : proportions différenciées selon l'épaisseur de la chape et sa fonction porteuse
- Gobetis, corps d'enduit et enduit correctif : dosages progressifs, du plus riche en liant vers le plus dressant
- Colle à carreaux, jointoyage, scellement et tadelakt : formulations spécifiques à chaque usage de finition ou de fixation
Les mortiers de chanvre
La chènevotte de chanvre, mélangée à un liant chaux, permet de réaliser des bétons de chanvre banchés pour la toiture, le doublage isolant, les cloisons, les murs, ou encore les dalles d'étage et de rez-de-chaussée. La carte distingue également le chanvre stabilisé en vrac, utilisé pour l'isolation par déversement, et l'enduit chaux-chanvre, qui combine chènevotte fine et liant chaux pour une couche à la fois isolante et respirante. Chaque application implique un dosage propre, la proportion de liant augmentant généralement avec les contraintes mécaniques ou l'exposition de l'ouvrage.
- Chanvre stabilisé vrac : dosage léger en liant, pour une isolation déversée
- Béton de chanvre banché (toiture, doublage, cloison, mur, dalle) : dosage variable selon l'élément d'ouvrage et sa fonction porteuse ou isolante
- Enduit chaux/chanvre : chènevotte fine et liant chaux, pour une finition isolante
Calculer les volumes nécessaires
Une fois le dosage choisi, reste à déterminer la quantité totale de mortier à préparer. La formule reste la même pour tous les mortiers de cette carte : la surface à traiter, en mètres carrés, multipliée par l'épaisseur de la couche, en millimètres, donne directement le volume de mortier nécessaire en litres. Cette méthode simple permet d'anticiper les quantités de liant, de charge et de fibre à commander, poste par poste, avant de démarrer le chantier.
Pour le traçage des surfaces à enduire ou à banche, les méthodes géométriques classiques et le contrôle à l'équerre restent les outils de référence, en particulier sur les angles et les ouvertures. Un calculateur en ligne est également disponible sur www..fr pour convertir automatiquement surfaces et épaisseurs en volumes de matériaux.
Conservée à portée de main, cette carte des dosages permet de passer rapidement d'un poste à l'autre du chantier — d'un corps d'enduit à la chaux à un béton de chanvre banché — sans avoir à ressaisir les proportions à chaque fois.