Enduit fin à la chaux
La touche finale à la chaux : lissée, satinée, respirante
L'enduit fin à la chaux constitue la couche de finition décorative appliquée sur le corps d'enduit préalablement dressé et durci. Contrairement au corps d'enduit qui nivelle et structure, cette dernière couche, très mince, donne au mur son aspect définitif : mat et texturé au talochage, ou satiné et lumineux au lissage à l'acier. Avant toute mise en œuvre, il est utile de relire les principes de préparation des supports avant enduits, car la qualité de la finition dépend directement de l'état et de l'humidité du support qui la reçoit.
Deux voies sont possibles pour composer cet enduit fin. La première repose sur une chaux en poudre CL-90, qu'il faut impérativement gâcher la veille et conserver sous eau pour l'éteindre complètement avant emploi. La seconde utilise une chaux en pâte, plus onctueuse, traditionnellement réservée aux effets de stuc, de tadelakt ou de fresque, et qui offre un rendu sensiblement plus lisse et plus lumineux que son équivalent en poudre.
Dosages indicatifs
Pour la version en poudre, on compte en général 10 L de chaux CL-90 pour 10 L de sable ponce de granulométrie 0-1 mm et 30 L de poudre de marbre 0,5-1 mm, le tout gâché à l'eau ; ce mélange couvre approximativement 8 m² en deux passes. Pour la version en pâte, la proportion usuelle est de 20 L de chaux en pâte pour 30 L de poudre de marbre, avec un rendement voisin de 6 m². Ces repères peuvent être ajustés selon l'aspect recherché ; la carte des dosages — mortiers traditionnels et de chanvre permet de comparer ces formulations à celles des autres enduits de la gamme.
Mise en œuvre en deux passes
L'enduit fin se pose toujours en deux passes fines d'environ 2 mm chacune, pour une épaisseur totale de l'ordre de 4 mm. L'application se conduit du haut vers le bas du mur, et le support doit rester humide entre les deux passes afin d'assurer l'accroche et d'éviter les faïençages. Dans la pratique, on réalise volontiers la première passe le matin et la seconde l'après-midi, une fois la première suffisamment stabilisée. Pour ce travail de précision, un platoir inox à angles arrondis est recommandé : le platoir angles arrondis – Inox – 24 x 11 cm convient aux grandes surfaces planes, tandis que le platoir angles arrondis – Inox – 20 x 8 cm offre plus de maniabilité dans les angles et les surfaces réduites.
Le choix de la texture finale se fait à l'outil : passé à la taloche éponge, l'enduit prend un grain fin et mat ; lissé au platoir acier, il révèle un satiné caractéristique de la chaux. Pour préparer les gâchées successives et rincer les outils sans encombrer le chantier, un seau de maçon Prochok – 12 litres s'avère particulièrement pratique.
- Respecter l'humidité du support entre les deux passes pour éviter le farinage et la fissuration
- Ne jamais dépasser 10% du poids du liant en pigments, notamment pour les oxydes, sous peine de fragiliser la tenue de l'enduit
- Travailler par zones cohérentes pour raccorder les passes sans reprise visible
La teinte de l'enduit fin s'obtient par ajout de pigments naturels ou d'oxydes directement dans le gâchage ; les principes de dosage et les précautions à respecter sont détaillés dans la fiche coloration des enduits et des peintures décoratives. Une fois sec, cet enduit fin accueille sans difficulté badigeons et glacis à la caséine, qui viennent nuancer ou patiner la surface. Pour les gestes d'application proprement dits, la fiche application des enduits muraux complète utilement ces indications.