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Fondations et semelles cyclopéennes

La semelle cyclopéenne, une fondation traditionnelle sans acier

La fondation cyclopéenne est une technique ancienne qui se passe totalement d'armature métallique. Elle consiste à noyer de grosses pierres dans un béton de chaux hydraulique, coulé directement dans une tranchée ou un coffrage. Le résultat est une semelle massive, souple et respirante, particulièrement adaptée à l'auto-construction comme à la restauration de bâti ancien.

Le liant utilisé est la chaux hydraulique NHL 2, choisie pour sa légèreté et sa bonne perméabilité à la vapeur d'eau. Contrairement à un béton de ciment classique, ce mortier reste souple et laisse le mur « respirer », ce qui limite les remontées d'humidité et les tensions liées aux mouvements du sol.

Composition du béton de pierres

Le mélange associe la chaux à deux granulats complémentaires : un gravier sableux de ponce, léger et poreux, qui allège l'ensemble et améliore l'isolation en pied de mur, et un gravier plus grossier qui assure la résistance mécanique du béton. Les grosses pierres, dites « cyclopéennes », sont ensuite insérées une à une dans le béton encore frais, jusqu'à représenter environ la moitié du volume total de la fondation.

  • Chaux hydraulique NHL 2 en base du mélange
  • Gravier sableux de ponce 0-14 mm pour la légèreté et l'isolation
  • Gravier 0-20 mm pour la résistance
  • Eau, ajustée jusqu'à obtenir une consistance de béton bien humide
  • Pierres cyclopéennes, posées une à une à la main dans le béton frais

Pour retrouver les proportions détaillées de ce type de mortier et les adapter à d'autres usages du chantier, consultez la carte des dosages — Mortiers traditionnels et de chanvre.

Le gravier sableux de ponce 0-14 est particulièrement utile pour ce type de fondation, car il réduit le poids de l'ouvrage tout en conservant de bonnes performances isolantes en pied de mur.

Mise en œuvre et précautions

Le béton de chaux est préparé par gâchées successives à l'aide d'outils adaptés au malaxage de ce type de mortier, plus dense qu'un enduit courant ; voir les outils de malaxage recommandés. Il est coulé en couches, chaque couche recevant ses pierres avant l'ajout de la suivante, en veillant à bien enrober chaque élément pour éviter les vides.

Les coffrages destinés aux fondations doivent être plus robustes que ceux utilisés pour des murs, car ils supportent une charge bien plus importante : on privilégie des panneaux en aluminium ou en contreplaqué marine, capables de résister à la poussée du béton frais.

  • Prévoir une hauteur hors-sol d'au moins 30 cm pour éloigner les murs de l'humidité du sol
  • Enrober soigneusement chaque pierre pour éviter les poches d'air
  • Utiliser un coffrage renforcé, dimensionné pour le poids du béton de fondation
  • Respecter les temps de prise avant toute mise en charge de l'ouvrage

Comme pour tout chantier de gros œuvre impliquant la manipulation de chaux et de charges lourdes, il est essentiel de se référer aux consignes de sécurité avant de démarrer les travaux.

Pour lisser les arases et soigner les jonctions autour des pierres affleurantes, une taloche rectangulaire convient aux grandes surfaces planes, tandis qu'une taloche pointue permet de travailler plus finement les angles et les abords des pierres.

Bien menée, cette technique offre une fondation durable, économe en matériaux industriels, et cohérente avec une construction ou une réhabilitation en matériaux biosourcés.

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