Mur en lattis et chanvre
Un mur sandwich sur ossature bois, entre performance acoustique et respiration
Le mur en lattis et chanvre repose sur une ossature bois habillée de lattes clouées de part et d'autre, formant un coffrage perdu qui reçoit un remplissage en chanvre. Ce principe masse-ressort-masse, où deux parois d'enduit encadrent un cœur souple, confère à ce type de mur d'excellentes performances phoniques, tout en conservant la perméabilité à la vapeur d'eau propre aux parois biosourcées. Pour la pose des lattes elles-mêmes, on se reportera utilement à la fiche Coffrage perdu vertical en lattis.
Le remplissage peut être choisi sec, en filasse de chanvre ou en ouate, pour un mur léger et isolant, ou semi-humide avec du chanvre stabilisé, qui apporte davantage d'inertie et de tenue mécanique une fois sec. La chènevotte utilisée pour ce remplissage, comme la chènevotte de construction Canagranula, doit être calibrée pour la construction et non pour le paillage horticole.
Pose des lattes et remplissage
Les lattes sont fixées au cloueur pneumatique en laissant, entre chaque latte, un espace équivalent à la largeur d'une latte : cette alternance pleine/vide assure l'accroche mécanique de l'enduit tout en laissant respirer le remplissage. Avant toute mise en œuvre du corps d'enduit, une barbotine d'argile diluée à parts égales avec de l'eau (une mesure d'argile pour une mesure d'eau) est appliquée au pinceau sur les lattes, afin de préparer l'accroche du mortier.
Un point de sécurité impératif : toutes les boîtes électriques doivent être scellées au mortier chaux/plâtre avant le remplissage en chanvre, afin d'écarter tout risque d'incendie lié au contact entre les fibres et un point chaud électrique. Les précautions générales de chantier sont détaillées dans les consignes de sécurité.
Corps d'enduit et épaisseur finale
Le corps d'enduit se compose d'un mortier d'argile gras, dosé à raison de 20 L d'argile et 50 L de sable pour 800 g de ouate ou de filasse de chanvre. Il s'applique en deux passes, marouflées sur une toile de jute qui renforce la tenue mécanique de l'ensemble et limite la fissuration. Pour approfondir cette étape, la fiche Corps d'enduit à l'argile détaille le geste et les temps de séchage entre passes.
Pour un mur porteur en remplissage de structure, l'épaisseur totale ne doit jamais descendre sous 15 cm, lattis et enduits compris. Le sable utilisé dans les différentes couches, comme le sable de pouzzolane 0-4, doit être propre et bien calibré pour garantir la cohésion du mortier.
Finition
Une fois le corps d'enduit sec, la finition se fait selon les préférences esthétiques et le contexte du chantier, à la chaux ou à l'argile ; dans ce dernier cas, on pourra s'appuyer sur la fiche Enduit fin à l'argile. Pour le malaxage des différents mortiers de ce mur, du gobetis d'accroche au corps d'enduit, les outils de malaxage adaptés permettent d'obtenir une consistance homogène sans surcharger le geste manuel.
- Ossature bois + lattis double face, espace d'une largeur de latte entre chaque latte
- Remplissage sec (filasse, ouate) ou semi-humide (chanvre stabilisé)
- Barbotine d'argile 1:1 en accroche avant corps d'enduit
- Scellement chaux/plâtre systématique des boîtes électriques
- Épaisseur minimale de 15 cm pour un mur porteur