Mur en béton de chanvre banché
Une paroi isolante et respirante sur ossature bois
Le mur en béton de chanvre banché est un remplissage isolant coulé entre les montants d'une ossature bois porteuse, mis en œuvre en couches successives d'environ 15 cm d'épaisseur. Ce matériau souple épouse naturellement les mouvements de la structure bois, ce qui en fait une solution particulièrement adaptée aux colombages et aux constructions poteaux-poutres.
Avant le banchage, l'ensemble du réseau électrique doit être installé directement dans l'ossature bois : les boîtiers sont ensuite noyés et scellés au mortier chaux/plâtre au fur et à mesure de la mise en œuvre, ce qui évite tout saignée ultérieure dans la paroi durcie.
Deux dosages possibles
Deux formulations sont couramment utilisées selon le temps de décoffrage souhaité :
- Dosage confort : 200 L de chènevotte de construction, 30 L de sable de ponce, 40 L de chaux aérienne et 30 L de plâtre gros, additionnés d'eau
- Dosage tout chaux : 60 L de chaux aérienne, sans ajout de plâtre
Le plâtre présent dans le dosage confort a pour rôle de figer rapidement la matière, en une vingtaine de minutes seulement, ce qui autorise un décoffrage quasi immédiat des banches. Le dosage tout chaux, plus lent à prendre, demande en contrepartie un temps de banchage plus long avant retrait des coffrages. Pour choisir la formulation adaptée à votre chantier, consultez la carte des dosages des mortiers traditionnels et de chanvre.
Mise en œuvre et coffrage
Le matériau est coulé et tassé par levées de 50 à 90 cm, à l'aide de banches en contreplaqué de 20 mm maintenues par des systèmes de vis de butée ou par une ossature extérieure. Les différents dispositifs de banchage envisageables, avec leurs avantages respectifs, sont détaillés dans la fiche consacrée aux différents systèmes de coffrage. Un malaxage régulier et homogène du mélange est indispensable pour garantir une répartition uniforme du liant autour de la chènevotte ; les outils de malaxage adaptés permettent de limiter la pénibilité de cette étape.
Une fois le mur banché, une ventilation forte est impérative pendant toute la durée du séchage, qui s'étend de un à trois mois selon l'épaisseur et les conditions climatiques. Cette circulation d'air permet à la chaux de carbonater progressivement et confère au mur sa résistance définitive ainsi que ses qualités hygrothermiques.
Finition et précautions
Le séchage achevé, le mur reçoit un gobetis d'accroche puis un corps d'enduit à la chaux ou à l'argile qui referme la paroi. Pour les travaux de finition, reportez-vous aux fiches corps d'enduit à la chaux et enduit fin à la chaux, ou vers un enduit acoustique sur béton de chanvre brut si l'objectif recherché est avant tout phonique.
- Protéger le mur frais de la pluie et du gel durant tout le séchage
- Maintenir une ventilation continue des espaces pour favoriser la carbonatation
- Ne jamais enduire un mur qui n'est pas complètement sec
Avant toute intervention, prenez connaissance des consignes de sécurité liées à la manipulation de la chaux et du plâtre. Bien mis en œuvre, ce mur banché offre une paroi durable, passive et respirante, au confort hygrothermique reconnu.